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    Le combat inoubliable de Clara Zetkin, pour les droits des femmes

    Née en 1857 et disparue en 1933, Clara Zetkin était enseignante, journaliste et femme politique marxiste allemande. Dès le milieu des années 1870, elle fréquente les mouvements féministes, participe aux discussions de «l’Association générale des femmes allemandes» et adhère à la mouvance socialiste. En exil à Paris, en 1882, elle participe activement à la fondation de la Deuxième internationale où elle réclame l’égalité complète des droits professionnels et sociaux de la femme, ainsi que sa participation active à la lutte des classes.

    Clara Zetkin

    De retour en Allemagne, après l’abrogation des lois antisocialistes, Clara Zetkin développe le mouvement féminin socialiste et fonde, en 1891, la revue des femmes socialistes «Die Gleichheit», qui signifie égalité. Elle publie jusqu’en 1917 et milite, sans relâche, pour les droits des femmes. En 1907, lors de la première conférence internationale des femmes socialistes, à Stuttgart, Clara Zetkin est désignée à la présidence du secrétariat international des femmes socialistes.

    Le 8 mars 1910, lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes, à Copenhague, elle propose la création de la journée internationale des femmes, journée de manifestation annuelle, afin de militer pour le droit de vote, l’égalité entre les sexes et le socialisme. Cette initiative est à l’origine de la journée internationale des femmes, manifestation qui se déroule, tous les ans, le 8 mars.

    Clara Zetkin est emprisonnée en 1915 en raison de ses convictions pacifistes. En 1916, elle joue, avec Rosa Luxemburg, un rôle essentiel dans la création du Parti communiste allemand.

    En 1920, élue au Reichstag, elle assiste à la montée du nazisme en Allemagne, tandis que l’arrivée au pouvoir de Staline la met à l’écart de l’Internationale communiste. Le 30 août 1932, à 75 ans, elle est chargée, en sa qualité de doyenne du Reichstag, de prononcer le discours d’inauguration du parlement où dominent les chemises noires. Elle lance un vibrant appel à lutter contre le nazisme. Ce sera sa dernière manifestation publique.

    Contrainte de fuir l’Allemagne après l’arrivée des nazis au pouvoir, elle meurt quelques semaines plus tard en exil, à Moscou, dans des conditions qui n’ont jamais été élucidées. Son opposition à Staline a suscité des doutes quant au caractère de sa mort. La tombe de Clara Zetkin se trouve le long des murs du Kremlin, sur la place rouge. Ses principaux combats ont été la lutte pour la suppression du capitalisme et l’instauration du socialisme, pour le droit de vote des femmes, le droit au divorce et à l’union libre ainsi qu’à l’égalité entre les sexes. La République Démocratique Allemande a rendu hommage à Clara Zetkin, en faisant figurer son portrait sur les billets de 10 marks.

     

    La lutte des femmes a 100 ans!

    On entend souvent que dire que le XXIème siècle sera celui des femmes, tant a été rapide l’évolution de leur condition dans les dernières décennies de celui qui s’achève. Partout dans le monde, le combat des femmes a été rythmé par les luttes qu’elles ont menées pour acquérir les droits dont elles étaient privées et construire avec les hommes l’avenir de la planète. Elles pouvaient régner sur la maison, bénéficiant, parfois, d’égards non négligeables. Elles n’en restaient pas moins nées pour servir les hommes et mettre au monde la descendance de leurs époux.

    Leur premier combat du siècle est celui de l’éducation. De France où la première bachelière sort du lycée en 1861, au Japon où la première université féminine est créée en 1900, à l’Egypte où les filles accèdent, à partir de 1900, à l’école secondaire, les femmes qui le peuvent s’engouffrent dans la brèche que l’instruction leur entrouvre. Pas seulement pour être de meilleures gestionnaires du foyer et de bonnes éducatrices de leurs fils, mais pour faire autre chose que ce qu’elles ont toujours fait, c’est-à-dire, investir l’espace public et accéder aux sphères qui leur sont interdites, de l’exercice de la citoyenneté à celui de la politique.

    Le second mot d’ordre des pionnières concerne la participation à la vie civique, qui passe, d’abord, par l’obtention du droit de vote. La lutte est longue pour l’obtenir. Elle est, parfois, violente, comme celle des «suffragistes» britanniques qui descendent dans la rue pour tenter de l’arracher, ou des Chinoises qui envahissent, en 1912, le parlement, pour le réclamer.

    Acharnées partout, les résistances du monde politique cèdent, progressivement, devant la détermination des mouvements des femmes. L’heure est à la lutte pour le droit à la conception et à l’avortement dans les nombreux pays où l’une ou l’autre sont interdits, à l’autonomie, à l’égalité au sein du couple. «Le privé est politique» affirment les femmes, en se réclamant du marxisme et de la psychanalyse. En France, la loi Veil, qui autorise l’avortement, déchaine les passions en 1974.

    S’ils provoquent l’hostilité de nombreuses femmes du tiers-monde qui ne se reconnaissent pas dans ces combats «d’Occidentales» et veulent mener leurs propres luttes, à leur rythme, les mouvements féministes ont, toutefois, donné un second souffle aux luttes des femmes dans le monde. Prenant acte des évolutions et proclamant leur intention de les accélérer, les Nations unies font de 1975 «l’année de la femme» et organisent, à Mexico, la première conférence internationale qui leur est consacrée. L’égalité des sexes est réaffirmée par la Convention internationale de 1979 sur l’abolition de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, qui devient un précieux outil d’émancipation, au Nord comme au Sud.

    Malgré ces atouts, leurs victoires restent incomplètes et l’avenir incertain. Du cauchemar des femmes afghanes aux résistances à l’égalité dans les pays dits avancés, les obstacles qu’elles rencontrent indiquent le chemin qui reste à parcourir.

    Mais, une chose est sûre: tant que subsisteront des inégalités, les femmes marcheront contre les violences et la pauvreté et pour l’égalité pour faire prévaloir leurs droits.

     

    Arlette Raymonde BAKOU
    bakouarlette@yahoo.fr

     
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