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    Libres propos

    Le centenaire de Zanaga: l’arbre qui cache la forêt?

    Dans sa parution n°3007 du 6 juillet 2010, le journal «La Semaine Africaine» titre: «Que de bruit à propos du centenaire de Zanaga». Cet article signé par Abraham Akouango, en page 6, est un droit de réponse aux articles de Pascal Moukassa sur la création du district de Zanaga. Une autre voix, neutre cette fois, donne des réponses aux préoccupations des uns et des autres, au sujet, justement, de la création de Zanaga.

    L’histoire ne s’invente pas. Pour un enfant de l’école primaire, elle est le récit des événements passés. Ces événements ont leurs dates qui sont des repères nous permettant de nous orienter. Pour prétendre envisager l’avenir, il faut, tout d’abord, connaître d’où l’on vient.

    Ce qui est curieux pour le cas de Zanaga, c’est que les acteurs en présence refusent de  reconnaître ces repères qu’ils ont sous les yeux. Personne parmi les ressortissants de Zanaga ne peut prétendre donner d’autres dates, en dehors de ces grands repères que nous reprenons simplement, parce que les uns et les autres ont, peut être, des intérêts inavoués.
     
    Quelques dates et leurs événements

    - 1910: fondation du poste de Kimboto par une colonne militaire venue de la Bouenza;
    - 1914: fondation du poste de Kimani ou Elamini, à 67 km à l’Est de l’Ogooué. Cette année coïncide, également, avec le recrutement des volontaires dans l’armée française. Cependant, la résistance contre l’occupation blanche éclate. Les acteurs sont Abelé, qui est au poste de Kimboto, et Noyi Mapingou, dans le secteur de Lili-Doumaye. La famine qui se déclenche à Kimani, de 1915 à 1917, occasionne beaucoup de morts;
    - 1918: fondation de Zanaga par des militaires venus de Franceville (Gabon);
    - 1920: affectation à Zanaga du premier administrateur, M. De Blanc;
    - 1925: détachement de Zanaga au Gabon. Cela ne pouvait se passer autrement, car Zanaga a été fondé en 1918 par les militaires venus du Gabon. Pourquoi Monsieur Abraham Akouango et ceux qui le soutiennent doivent-ils, de gré ou de force, prendre 1910, année de la fondation de Kimboto par une colonne venue de la Bouenza, pour 1918, année de l’officialisation de la création de Zanaga par des militaires venus du Gabon? En fait, les raisons sont inavouées par les organisateurs du  fameux centenaire de Zanaga.

    Le centenaire: «l’arbre qui cache la forêt»

    En observateur averti et fils de la localité connaissant les acteurs et leurs ambitions, une chose paraît bien claire: le centenaire de Zanaga est devenu un «business». Son organisation, selon les devis faits par la commission, est de l’ordre de 650 millions de francs Cfa. En dehors des cotisations qui ne pourront pas atteindre 50 millions de francs Cfa, les organisateurs attendent que l’Etat mette la main dans ses caisses, pour financer l’organisation de la fête. Il est aussi prévu que des délégations recherchent, également, des financements au Gabon, puisqu’à la création, le poste était de droit gabonais.

    Si ceux qui crient, sous tous les toits, qu’ils sont les plus nombreux et par voie de conséquence les plus écoutés, quelle preuve ont-ils pour le faire savoir? De quelle représentativité peuvent-ils se targuer, pour s’octroyer ces titres?

    Non, l’organisation du centenaire, par ces compatriotes, est une occasion, pour eux, de se faire une place au soleil et prétendre dire aux yeux de ceux qui regardent les images qu’ils sont incontournables. Faire la fête, chacun sait que les gens arrivent pour manger et boire et non pour parler de la localité qui a besoin d’écoles, d’enseignants, de routes, de médicaments, d’électricité et bien d’autres. Même les yeux fermés, on sait que Mfoa, ancêtre de Brazzaville, était et reste le cœur de Brazzaville. Aujourd’hui, le piquet de Mfoa, c’est là où se trouve la mairie centrale, donc le centre de la capitale.

    Confondre Mfoa à Kimboto qui est à plus de 68 km du poste de Zanaga, pour justifier un quelconque centenaire, n’est pas conforme à l’histoire. Ce qui fait mal, c’est que ce sont des intellectuels qui, demain, seront promus à des postes de responsabilité, qui écrivent ces choses qui ne sont pas conformes à l’histoire.

    Le cadre administratif

    Parmi les sources de financement du fameux centenaire, il y a, malheureusement, l’Etat. Malheureusement, les pouvoirs publics n’ont été associés ni de loin, ni de près, à l’organisation de la soit disant fête.

    Le centenaire devrait, d’abord, intéresser le département ministériel qui a la gestion de l’entité administrative et les archives. Comment aller faire la fête dans un territoire qui appartient à autrui? Etre né dans une localité est-ce une raison fondamentale pour en être le propriétaire?

    On comprend aisément que les organisateurs du supposé centenaire sont dans la cour du roi Pétaud. La loi et l’Etat, c’est eux. Telle est la volonté affichée par un certain groupe qui prétend parler au nom de Zanaga, comme si la population leur en a donné mandat. Ce n’est pas une occasion pour faire la polémique, mais le lieu de dire, tout haut, ce que certains pensent tout bas. Zanaga a besoin de tous ses fils, pour son développement. Etre concret et lire les dates, cela ne coûte rien à personne.

    Les Blancs et les militaires qui ont sillonné Zanaga ont trouvé, sur place, des habitants dans les postes que nous avons cités. Kimboto est différent de Zanaga qui, lui, est différent d’Elamini. La date de la fondation de Zanaga ne peut se substituer à celle de Kimboto et vice-versa.

    Juste Reney ODZANDZANGAGOLI

     
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