Elections législatives 2012 : Un scrutin dans le calme mais avec un très faible taux de participation!
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- Créé le mardi 17 juillet 2012 10:37
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Les Congolais avaient à se rendre aux urnes, le dimanche 15 juillet dernier, pour élire 135 des 139 députés devant constituer la 13ème législature de l’assemblée nationale parmi 1.213 candidats. Le vote a été ajourné dans trois circonscriptions de Brazzaville (Ouenzé 1, Talangaï 1 et 2), à cause des conséquences des événements du 4 mars, qui ont dévasté les quartiers de ces circonscriptions électorales. Le vote a été reporté à Vindza (Pool), pour cause de troubles et de contestation de la composition de la Conel locale.
Dans certaines circonscriptions, comme Kellé-centre (département de la Cuvette-Ouest) et à Pointe-Noire, le vote n’a pu avoir lieu que le lundi 16 juillet. Le dimanche 15 juillet, un seul constat: le calme et le faible taux de participation. Les Congolais ont donné l’impression de bouder les urnes.
Le vote comptant pour les élections législatives s’est déroulé sur fond de villes mortes (ou pays mort) comme à l’accoutumée. Les automobilistes n’avaient pas le droit de circuler, à moins d’être munis d’un «laissez-passer» délivré par la commission sécurité de la Conel. Aucun incident majeur n’a perturbé le vote, qui s’est déroulé dans la paix. A Gamboma, par contre, on a remarqué un climat de tension, particulièrement dans la première circonscription où se sont affrontés Hugues Ngouélondelé (P.c.t) et le candidat de l’opposition, Mathias Dzon.
Le trait commun de ces élections, c’est l’abstention assez importante. Il n’y a pas eu affluence des électeurs, dans les bureaux de vote. Il y a eu des problèmes d’organisation. Comme à l’accoutumée, beaucoup de gens n’ont pas pu trouver leurs noms sur les listes électorales ou n’étaient pas en possession de cartes d’électeurs dont la distribution s’est faite, parfois, dans la pagaille. Certains agents commis à cette tâche ont gardé par devers eux plusieurs cartes d’électeurs qu’ils ont tenté de monnayer aux candidats. D’autres, par contre, avaient leurs noms sur les listes affichées, mais n’ont pas pu voter, car n’ayant pas trouvé leurs bureaux de vote, ou quasiment des listes différentes de celles affichées à l’intérieur.
Le deuxième scrutin de l’après concertation d’Ewo a contraint les électeurs à un spectacle ahurissant d’aller et venue devant les bureaux de vote, à la recherche de leurs patronymes sur les listes électorales. Lassés, nombreux ont fini par repartir sans accomplir leur devoir civique.
Conséquence: un faible taux de participation qui confirme le manque d’engouement ou un ras-le-bol des Congolais face aux élections dont l’issue, à leurs yeux, ne reflète pas, souvent, la volonté du peuple.
Dans l’ensemble, les élections législatives se sont déroulées dans la paix et la sérénité. Du point de vue organisationnel, on a pu constater de nombreux manquements. Le matériel électoral n’a pas pu être acheminé à temps dans quelques bureaux de vote dont certains ont ouvert à 13h; l’insuffisance ou l’absence de bulletins de vote de certains candidats; l’absence d’encre indélébile; l’insuffisance des enveloppes de vote; les bulletins de vote non équitables; le non-respect de la nouvelle disposition concernant la composition des bureaux de vote, etc.
Nonobstant ces manquements, il y a lieu de signaler la présence des observateurs internationaux dans les bureaux de vote. Jusqu’à 17h, certains bureaux de vote n’avaient même pas dépassé le seuil de cinquante votants sur 800 ou 900 inscrits.
Mais, sans doute, la pagaille est venue du côté de certains candidats, eux-mêmes. Au bureau de vote de Saboukoulou 2, à Ouenzé, le candidat Jean Richard Bongo, tout en criant au scandale, a dénoncé une «organisation mafieuse avec des milliers des cartes qu’on a distribuées aux gens pour aller voter moyennant 5.000 ou 10.000 F.Cfa, organisée par les forces de l’ordre», a-t-il déclaré, sur les antennes d’une chaîne de télévision privée. Par ailleurs, il a fait savoir qu’une urne bourrée de bulletins du candidat d’un parti de la majorité a été attrapée par la police: «Au lieu d’amener cette urne à la Conel, ils l’ont brulée».
Des cas de distribution d’argent ont été également signalés à Talangaï, Moungali, Diata et à Madibou où le candidat Bonaventure Mbaya a crié à la fraude massive. «Le commissaire a réquisitionné le véhicule de l’un des candidats et a circulé dedans. Tout le monde dans le quartier sait que ce véhicule faisait partie du cortège de Mme Batsimba, candidate du P.c.t. C’est grave», a-t-il martelé. Pour l’une des membres de sa direction de campagne, ce véhicule sans laissez-passer contenait de l’argent destiné à convaincre les électeurs.
Au bureau de vote de la commune de Poto-Poto, il y a eu quelques échauffourées, lorsque l’administrateur-maire, Jacques Elion, est venu déposer un lot de cartes d’électeurs pour qu’elles soient distribuées aux intéressés, au cas où ils venaient les revendiquer. Pour le délégué du candidat indépendant dans cette circonscription, les choses n’étaient pas prévues comme ça. A cet effet, il a demandé à ce que lui soit lue la loi électorale. Après un échange dur de parole, Jean-Claude Yoka, président de la Conel à Poto-Poto, a précisé les choses, en faisant savoir qu’il n’y avait rien de tricherie.
Interrogé sur le retard constaté dans l’ouverture de certains bureaux de vote, Henri Bouka a minimisé les faits, en indiquant que ces derniers ont ouvert à temps, partout, à l’intérieur du pays.
Quant au faible taux de participation, le président de la Conel a rassuré. «Tout le monde votera, il n’y a pas d’inquiétude à sécréter», a-t-il dit. Malheureusement, la donne n’a pas changé, à la fin de la fermeture des bureaux de vote.
S’agissant de l’annulation du vote à Vindza, dans le département du Pool, suite à certaines dérives, Henri Bouka, très hésitant, a, simplement, rappelé aux journalistes qu’il était encore 12h. «Si le vote n’a pas eu lieu à Vindza, j’aurai, certainement, les rapports écrits qui viendront de mes commissaires localement déployés», a-t-il déclaré. Hélas, le report du scrutin était bien connu à Vindza, comme l’avait annoncé R.f.i (Radio France Internationale), tout comme à Kellé, dans le département de la Cuvette-Ouest et dans certaines circonscriptions de Pointe-Noire où le vote n’a eu lieu que lundi 16 juillet. Malgré tout, le rendez-vous électoral a été tenu, reste le deuxième tour prévu le dimanche 5 août prochain.
Cyr Armel YABBAT-NGO


