52ème anniversaire de l’indépendance nationale : Le rendez-vous de Kinkala, qui met le Pool en relief, avec ses atouts touristiques

A l’Ouest de Brazzaville, le plateau des cataractes, dans le département du Pool, offre toute une palette d’excursions dans un mouchoir de poche! A moins de cent kilomètres de Brazzaville, la capitale, on peut, en effet, visiter, d’un seul coup, les chutes de Loufoulakari, le «trou de Dieu», l’ancienne mission de Linzolo, le musée de Kinkala, etc. Dans la partie septentrionale du département, un tour au sanctuaire de gorilles de Lésio-Luna vaut bien la peine. Et si le Pool m’était conté!

Peuplé de sous-groupes ethniques kongo et teké, répartis à travers ses treize districts, le département du Pool s’adonne essentiellement à une agriculture de substance: manioc, ignames, maïs, avocats, safou, arachides, etc, ainsi qu’à l’élevage des bovins, porcs et moutons, destinés à ravitailler le marché brazzavillois. Kinkala, son chef-lieu, à 80 kilomètres au Sud de Brazzaville, est accessible par la route nationale n°1. Pour y arriver, on quitte la capitale par la route nationale n°1, en passant le Djoué et en se dirigeant vers l’Ouest.
Première halte: le village de Yaka-Yaka, repère des «Très fâchés». Ce groupe de danseurs et de musiciens déguisés en vieillards, est très en vogue. Il a l’habitude de se produire le dimanche, dans une buvette en plein air où un ballet comique attire les touristes en provenance de Brazzaville. Du carrefour de Nganga-Lingolo, à 11 kilomètres de la capitale, à gauche, sur la direction du fleuve, au bout de trois à quatre kilomètres apparaît. L’église catholique de Linzolo.

L’ancienne église: mythe ou réalité!
Après celle de Loango, la mission de Linzolo est la plus ancienne du Congo. Elle fut fondée par le père Prosper Augouard (1852-1921), le 22 janvier 1884, quatre ans après la création, au bord du Stanley pool, de la station française de N’Tamo (futur Brazzaville) par l’explorateur français, Pierre Savorgnan de Brazza.
Accompagné des pères Paris et Kafft, du frère Savinien et d’une dizaine de porteurs loangos, Prosper Augouard avait, d’abord, établi un campement de fortune avant d’aller négocier l’acquisition des terrains de la future mission avec les chefs locaux Ngandziamo et Moubimounou Kahunga. Après de longues palabres, l’affaire fut réglée. Parachevant cet accord, un traité de paix fut également conclu avec toutes les autorités coutumières du Pool qui enterreront symboliquement leurs armes sur la place centrale de la mission, le 25 février 1885.
Quelques jours après, les travaux de la première chapelle débutaient. Elle est connue, aujourd’hui, sous le nom «d’ancienne église», car un nouvel édifice religieux a été construit depuis, à la mission.
Membre de la congrégation du Saint-Esprit, Prosper Augouard allait bientôt s’installer à Brazzaville, où il avait créé un diocèse, après avoir été nommé vicaire apostolique de l’Oubangui et sacré évêque en 1890.

Les chutes de Loufoulakari: paysage pittoresque
De Linzolo, la route conduit à Mbanza-Ndounga (53 Km) puis à Kimpandzou (63 km). De là, une piste malheureusement non entretenue mène aux célèbres chutes de Loufoulakari. Dévalant de larges dalles de grès, les cataractes, coupent l’estuaire de la Loufoulakari, qui se jette dans le fleuve Congo, alors très encaissé.
Spectacle très connu par les visiteurs étrangers qui trouvent, sur place, un relais de brousse de Kimpandzou, la piste rejoint la route Boko, Kinkala à Voka (103 km). En descendant en direction du Sud, vers Boko, on pourra prendre la piste menant aux chutes de la Loufoulakari, à Bela.
En revenant à Boko, on retrouve la route de Kinkala (61 km de Boko et à 80 km de Brazzaville). Chef-lieu du département du Pool, Kinkala est une ville bâtie sur un relief montagneux. A l’entrée de la préfecture, bâtie sur une colline, a été érigée la statue d’André Grenard Matsoua. Né en 1899 à Manzakala (district de Mbanza-Ndounga), mort en janvier 1942, André Grenard Matsoua fut un homme politique congolais, emprisonné à plusieurs reprises par la puissance coloniale française, en raison de son action en faveur de l’indépendance du Congo et dont la tombe se trouve, officiellement, à Mayama. Il serait mort en prison, en janvier 1942 et, craignant une émeute généralisée, l’administration coloniale française l’aurait fait enterrer à la sauvette, en pleine nuit, sans annoncer officiellement sa mort. Ses fidèles lui vouent un culte au sein d’un mouvement religieux, le matsouanisme, toujours actif aujourd’hui et dont les adeptes sont aussi appelés «corbeaux».
On visitera, également, le musée de la ville, où le prophète Victor Malanda, fondateur du mouvement religieux Croix-Koma, qui préconisait l’abandon des pratiques fétichistes, avait rassemblé de nombreux objets servant au rite animiste qu’il combattait: statuettes, gris-gris, divers et amulettes magiques. Ce dernier était mort quelques années plus tard.

Trou de Dieu,  lac bleu, village de Mbé…
En reprenant la route nationale n°1 qui mène à Brazzaville, on dépasse l’impressionnant cirque de Nguela ou «Trou de Dieu», vaste cratère d’un ancien volcan, voire entonnoir formé par la chute d’une météorite. Considéré comme un site sacré, le cirque a été longtemps interdit au public.
A 25 km, le village de Makana est réputé pour sa vannerie artistique et pour sa sorcellerie. Une légende raconte que les sorciers de cette contrée avaient voyagé à bord d’un avion en gadget et se sont retrouvés à l’aéroport de Roissy (France), avec leur appareil en miniature. Décrivons peu, décrivons bien.
On arrive, ensuite, aux portes de Brazzaville où un terrain de golf a été aménagé dans le site du bureau régional de l’O.m.s pour l’Afrique. On peut aussi se baigner dans l’estuaire du Djoué, lequel se jette dans le fleuve Congo. Au milieu du fleuve, les violents rapides de Kintambou qui empêchent toute navigation en aval de Brazzaville, offrent un spectacle grandiose et rocambolesque. Près de la route se dressent des échoppes de sculpteurs sur bois et une guinguette; les «rapides». Par contre, on peut naviguer sur le fleuve en amont, en direction de Maloukou-Tréchot, un village du district d’Igné. On peut aussi aller visiter les falaises d’Inonie, la réserve de faune de Léfini, le sanctuaire de gorilles de Lésio-Louna, le lac bleu, le village de Mbé, siège du roi Makoko, etc. On peut y aller aussi, en empruntant simplement la route nationale n°2, au Nord de Brazzaville, et passer les villages de Djiri et Kintelé qui subissent déjà l’extension de la ville capitale.

Jean-Louis KOMBO

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